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vendredi 27 janvier 2012

Un premier amour

A peine en ligne, le blog de Bertrand Le Gendre, sur 1962, l'année prodigieuse, a déjà disparu (voir billet précédent). Tant pis (je suis quand même un peu déçu : qu'est-ce que c'est que ce velléitaire du web ?).
Sur les Tasons, le Professeur Patrigeon Et Son Equipe évoquait le prix de l'Eurovision 1960, Tom Pilibi, chanté par Jacqueline Boyer. Perle vocale découverte grâce à François Morel, que j'écoute avec délice tous les vendredis matins à 8 h 55. François Morel déjà évoqué ici à l'occasion de la mort de Dubillard (on aura compris que j'aime bien quand tout se recoupe).
Et c'est alors qu'une question terriblement métaphysique submergea soudain ma pauvre cervelle. Il fallait, oui, que ma curiosité insatiable se satisfasse à l'instant : qui avait donc gagné l'Eurovision en 1962 ?
Réponse : Isabelle Aubret, avec Un premier amour.

























62 était une année vraiment prodigieuse. La France n'a regagné l'Eurovision qu'en 69, puis en 77, et depuis, ben, depuis...

samedi 24 décembre 2011

Dubillard encore

Dubillard encore. Je tire un fil dont je ne vois pas le bout. Avant-hier, comme j'étais à Auchan pour des courses de Noël (important Auchan, c'est comme le repassage, c'est dans le trivial du quotidien que nous faisons les plus belles rencontres), je retrouve l'ami comédien dont j'espère bien qu'il jouera Jean Valjean cet été.Il me confie son projet de monter, avec son vieux complice de toujours, Les Diablogues. Je l'informe de la diffusion le soir-même sur France 2 de la représentation des Diablogues, par Morel et Gamblin.

Emission que je regarde donc à 23 heures, et c'est un vrai bonheur. La mise en scène inventive, le jeu très corporel des deux acteurs permet de soutenir tout du long son attention, ce qui n'est pas si évident parce que la langue de Dubillard, avec sa logique extrémiste, exige en réalité beaucoup du spectateur.

Le lendemain, je tombe sur un article d'hommage dans le Monde, où la photo en exergue, l'unique photo, montre Dubillard le 9 janvier 1962, alors qu'il recevait le prix des "U" pour sa pièce "Naïves hirondelles".


Si je continue de suivre le fil 1962, j'ajoute que cette année-là, au théâtre de Lutèce était créée La maison d'os, pièce où quarante domestiques assistent, indifférents, à l'agonie du Maître, riche et tyrannique vieillard sans famille. Marie Leroy en parle excellement dans cet article. Cette pièce peu jouée, car difficile à monter (Dubillard joua lui-même le Maître dans les deux premières versions), sert de métaphore à plusieurs journalistes, comme dans le journal suisse Le Temps ( titre : Roland Dubillard déserte sa «maison d’os», et la même photo d'archives de 1962 est reprise), ainsi qu'à la fin de l'article du Monde :
"La maison Dubillard, avec son labyrinthe de pièces qui fuient, pètent, se fissurent, tombent en morceaux, n'a pas fini d'être revisitée. En attendant, ne pas rater Les Diablogues, diffusés sur France 2 ce 22 décembre, et joués par Jacques Gamblin et François Morel, champions de ping-pong métaphysique version Dubillard. "Je sais que la mort me rappellera quelque chose", avait écrit cet éberlué définitif, longtemps avant que, corps et âme, sa "maison d'os" ne craque définitivement.".

jeudi 22 décembre 2011

De Dubillard à Guernesey

Hommage à Dubillard. France 2 diffuse ce soir, jeudi 22 décembre, Les diablogues, avec François Morel et Jacques Gamblin, dont j'avais posté un extrait ici.
A la radio, sur France Culture, cette semaine, on peut suivre Victor Hugo, le génie de l'exil, émission en quatre épisodes sur ses séjours à Guernesey. On peut réécouter sur le site.
En cherchant sur le net une image de Hauteville House, la maison de Hugo à Guernesey, j'apprends que c'est aussi le titre d'une BD de Fred Duval et Thierry Gioux.

Bande-annonce du tome IV :

Hauteville House 4. Atlanta (Bande annonce) par editionsdelcourt

Voici ce qu'en dit l'auteur du blog Biblio-drizzt :

"L'intrigue se passe en 1864 sous le règne de Napoléon III. Hauteville House est la maison d'un Victor Hugo en exil sur l'île de Guernesey (c'est là un fait historique). Cette maison est aussi, dans ce monde imaginaire, le quartier général des Républicains qui s'opposent à l'Empereur.
 
Le héros principal de cette série est l'espion républicain Gavroche. Il est appuyé par Zelda, belle espionne américaine et par Eglantine, jeune veuve de la Guerre de Sécession" 

Bon, on est un peu loin des Misérables, mais j'en profite pour souhaiter un très joyeux Noël à notre Eglantine cluisienne, jeune gardienne des platines de Dracula.



jeudi 15 décembre 2011

« C’est inutile, mais ça vaut la peine »

Roland Dubillard est mort hier. L'occasion ne s'est jamais présentée pour moi de jouer les textes de cet auteur également acteur (il a joué pour Mocky, entre autres). Mais il n'est pas dit qu'un jour on ne prenne pas envie d'interpréter une de ses pièces avec ses dialogues marqués, lit-on souvent, par l'absurde. Je me demande maintenant si ce mot d'absurde n'est pas une facilité, parce que si l'on veut dire par là que ce qui se dit est dépourvu de sens, on est, me semble-t-il, passé à côté de la cible. Il suffirait alors de mettre n'importe quels mots les uns au bout des autres pour faire de l'absurde, et l'on voit que ce n'est pas ça. Comme en témoigne ce savoureux passage des Diablogues, avec François Morel et Jacques Gamblin.


Les Diablogues - Bande Annonce DVD Copat par CopatSopat

L'absurde, si on tient à garder ce mot pour qualifier le théâtre de Dubillard, ce n'est pas le n'importe quoi. C'est même tout sauf du n'importe quoi. Mais alors c'est quoi ? Bon, ben là ça se complique. Inutile de vous dire que je n'ai pas de théorie sur la question. Mais esquissons une piste : l'absurde n'est-il pas plutôt une sorte de logique délirante ? un vertige dans l'enchaînement des causes et des conséquences ? un raisonnement poussé dans ses ultimes retranchements ? une cogitation qui a complètement décollé de la réalité en partant pourtant de la simple observation de cette réalité ?
En fait, qu'est-ce que vient faire Roland Dubillard sur ce blog, qui ne se veut absolument pas notice nécrologique fut-ce des auteurs de théâtre ?  Eh bien, j'en parle parce que sur le blog de La main de singe, un article consacré au dramaturge renferme une vidéo de l'Ina le montrant dans Lecture pour tous, l'émission de Pierre Dumayet, datant du 28 novembre 1962.


1962, l'année qui nous occupe bien sûr, mais il y a surdétermination : le 28 novembre c'est mon jour anniversaire. Ce jour-là, j'avais deux ans.
Je me demande si à traquer ainsi les références fortuites à 1962 (pour bien spécifier que je ne prends que celles qui se présentent à l'occasion), je ne nage pas moi-même dans une certaine absurdité...
Envie de reprendre une belle formule (absurde ?) de Dubillard, citée par Gilles Heuré, « C’est inutile, mais ça vaut la peine ».