Affichage des articles dont le libellé est Cosette. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cosette. Afficher tous les articles

dimanche 5 août 2012

Dixième : la Cosette de 1962


Dans les tribunes, une nouvelle fois pleines, une spectatrice de marque, Sylvie Dehaye, qui interpréta Cosette en 1962. On peut d'ailleurs la voir en photo dans l'article de la NR de l'époque que j'ai inséré dans le programme. C'est l'occasion de rectifier une erreur : la légende du journal précisait que la petite Cosette qui donnait la main à Maurice Douard (Jean Valjean) était Pascale Philippe, mais il s'agissait en réalité de Sylvie Dehaye (elles jouaient en alternance).


A l'issue du spectacle, il y eut ce moment émouvant de la rencontre de la petite Cosette d'aujourd'hui, Coline, avec celle qui avait neuf ans en 1962, Sylvie, dont le père, Jean-Pierre Dehaye, jouait l'inspecteur Javert.
Les petites Cosette, de 1962 à 2012 (Coline et Sylvie)

Les trois Cosette 1962-2012 (Lou, Coline et Sylvie)
Autre rencontre entre les deux époques, à travers ce message de Madeleine Douard, au prénom si hugolien, dont le mari, Maurice, jouait donc le rôle de Jean Valjean (elle-même jouait Sœur Simplice, tout comme Simone, la femme de Jean Valjean, dans la pièce de 2012). Je l'avais interviewée dès 2011 sur ses souvenirs du spectacle d'alors. Hospitalisée pendant ce mois de juillet, elle vient juste de rentrer chez elle.



Je n'oublie pas non plus qu'aujourd'hui, 5 août 2012, il y a exactement 50 ans, Marylin Monroe choisissait de quitter ce monde.

Marilyn Monroe, photographié par George Barris à Santa Monica Beach en 1962
Et enfin, épisode 3 de la rétrospective photographique de la pièce, avec les photos d'Yvan Bernaer.

Scène 11 - Le choeur

Sc 12 - Pierre part à la répétition

La neige dans la scène de Fantine et Batamabois

La bagarre
Fantine appréhendée par Javert

Supplique de Fantine
Fantine (Sophie Mercier)

Fantine s'évanouit après le recours de M. Madeleine

Javert vient de dénoncer M. Madeleine comme ancien forçat


Javert annonce que Valjean a été retrouvé en la personne d'un certain Champmathieu

jeudi 26 juillet 2012

Générale : Javert jouissait

En général, une générale, c'est un festival de ratés, d'erreurs et d'incidents.
La tradition a été respectée. Inutile d'épiloguer.
Aujourd'hui est le grand jour.

Ultimes retouches : Thénardier à la machine à coudre
 ***

Reçu ce matin cette subtile analyse de mon ami Jean-Claude Moreau, de Théâtralacs. Ne sachant trop comment "domestiquer la machine à commentaires", comme il dit, il m'a laissé libre usage du texte suivant. Je le reproduis donc ici, à destination des masses populaires :

"En prémices du « Misérables 62 », ce lundi 23 Juillet j’avais choisi de m’immerger dans « Les misérables », le roman, la fondation de nos imaginaires, la source de nos espoirs et, aussi, il faut bien l’avouer, l’indice de nos renoncements. . Je n’étais pas seul : une centaine de personnes s’étaient données LE MOT, lors de « Folie, les mots : » à Faux la Montagne, en Creuse, pour lire en entier et en continu le roman de Victor Hugo. Cela a commencé le samedi midi, s’est pratiqué par séances de lecture d’une demi heure, et cela s’est terminé dans la nuit de mercredi à jeudi à presque une heure du matin. Tout y a été dit et sans interruption.

Pour ma part, ayant été attrapé par « Cosette », j’en suis arrivé à la phrase suivante : « Javert jouissait ». Cette phrase portait assez de densité pour qu’un silence s’installât, c'est-à-dire que la transmission de témoin puisse s’opérer.

La politesse m’a conduit à écouter la suite. Je ne révèlerai rien de plus de ce qu’en dit Victor H. à propos de l’extase de Javert pour la simple et unique raison que c’est au lecteur de se faire le film. A la suite, par un curieux procédé de frustration littéraire, l’auteur se trouve pris dans un entrelacs de récapitulatifs et précisions historiques concernant le monastère de la rue Picpus, monastère dans lequel Fauchelevent signale sa qualité masculine (dont il n’use pas) à coups de grelots afin que les nonnes puissent l’éviter à toutes fins inutiles. Or, et c’est là que je veux en arriver, cette congrégation femelle appartient à l’ordre des Bernardines, ordre qui, suivant les dires de Victor H., doit plus à Saint Benoît qu’à Saint Bernard. En réalité c’est à un zélateur moderne de Saint Benoît, zélateur dont on m’excusera d’avoir oublié le nom, que l’on devrait la présence de ce couvent à voile cachant le menton. Bien sûr, il faut entendre « couvent » au sens de l’ensemble des femmes de la communauté et non pas du bâtiment lui-même. Et c’est dans ce rappel « Bernardien » qu’il me semble enfin comprendre toute la portée symbolique et spirituelle des « Misérables » de Victor Hugo adaptés par Patrick Bléron.

Ce dernier a justement rendu hommage au film que Raymond Bernard a pu réaliser à partir du roman de Victor Hugo. Tout n’est pas filmable, loin s’en faut, des actions et des inactions, du roman « Les misérables ». C’est l’avantage de l’écrivain sur le réalisateur : il sait que son auditoire pourra vaquer aux champs, cueillir la giroflée, prendre le métro ou faire une sieste réparatrice avant de retourner aux affres bernardines. Mais Raymond Bernard a été digne autant qu’il se peut, traçant par son nom la signature bernardine sans laquelle « Les misérables » ne seraient pas ce qu’ils sont. Curieusement, Bernard, Raymond de son prénom, n’est pas un nom d’emprunt. Bernard s’appelait bien Bernard. Et pourtant …

Pourtant, ce Raymond Bernard était fils de Tristan Bernard, humoriste reconnu, et homme à faire prendre des vessies pour des lanternes, pas si éloigné d’Alphonse Allais en art apparemment si peu bernardin. Élève studieux, voire brillant, Raymond laissa à son frère Jean Jacques l’art de la dramaturgie et ira pratiquer le bernardisme dans un état second, initié de manière absolument fortuite par son propre père : en effet, les circonstances firent que Raymond Bernard commença une carrière d’acteur pour un film tiré d’une pièce de Tristan Bernard et dans lequel jouait, facteur définitivement déterminant, l’immense Sarah Bernhard elle-même, excusez du peu.

Que « Les misérables », film de Raymond Bernard, soit en creux, une apothéose sibylline à la gloire de l’ordre des « bernardines » ne saurait étonner que les ignorants. Et ceci en dépit des apparences, puisque Raymond Bernard n’a pas proportionnellement attaché autant de temps à l’histoire de cet ordre dans le film que l’auteur originel, Victor Hugo, dans son roman. Il n’était pas si simple pour Patrick Bléron de signaler la cause bernardine avec autant de force que de tact. Mais il a créé le personnage d’Andrée Bernard à dessein. Bernardine d’occasion, Jackie Momot ne l’est pas assurément puisqu’il ne faut voir en ce « nom » qu’un rapport « second ». Pour l’incrédule, il lui suffira de s’imaginer justement les états « seconds » de la vie monacale et les indicibles dérivatifs qu’ils permettent. Victor Hugo (encore lui !) rappelle justement les affres de douleur et d’absence de douleur (suprême jouissance) que le port semestriel de la robe de bure octroyait aux valeureuses bernardines. Donc, rien ne permet de penser que Jackie Momot porte une robe de bure, puisque c’est son simple nom « Bernard » qui porte l’essentiel du message bernardin. Pour qui sourirait à l’égard de ce qui lui semblerait davantage « élucubrations » que faits avérés, je me contenterai de lui conseiller de vérifier dans l’ouvrage original. Sans les bernardines, pas de sauvetage de Cosette, pas de répit pour Jean Valjean, alias M Madeleine (et vice versa) etc. Vous voulez une preuve supplémentaire de l’emprise bernardine ? Je vous la livre en toute confidence : de même que dans une autre existence M Madeleine s’est appelé Jean Valjean, Patrick Bléron, dans une autre existence, s’est appelé Bernard Bernard. Et c’est là que tout a commencé. "

25/07/2012- Jean Claude Moreau.

lundi 9 juillet 2012

Cosette et le colporteur

Les circonstances ne me permettent pas de tenir cette chronique avec régularité, et je le regrette, car j'aime garder des traces du travail en cours, mais j'espère bien cette semaine avoir la possibilité de poster plus souvent. Du coup, lorsque enfin une fenêtre temporelle se dégage et que je puis bénéficier d'une connexion, je suis comme submergé par la matière des souvenirs. Que retenir de cette première semaine de répétitions, si pleine, si féconde, si fourmillante de cent détails qui tous ont peu ou prou leur importance ?
Je choisis donc de me confier au hasard, en élisant sur mes différents appareils de capture du temps, enregistreur et appareil photo numériques, ce qui vient au premier contact.
Ainsi ce fichier son d'une répétition de la scène avec Cosette à l'auberge de Montfermeil, quand le colporteur (Daniel Auvillain) se plaint de ce que son cheval n'a pas eu à boire. Madame Thénardier envoie donc Cosette chercher de l'eau à la fontaine, au fond des bois perdus dans la nuit et le gel. La petite Coline faisait ses premiers pas sur le plateau, et si la voix est encore un peu fluette, il y a déjà beaucoup de justesse dans son jeu. Et le contraste physique (qu'il faut donc ici imaginer) entre elle et Daniel est assez saisissant.



Toujours au hasard (d'autant plus que l'ordinateur que j'utilise à ce moment ne possède pas Quick Time et que je ne peux donc lire les fichiers .mov de l'enregistreur Zoom), voici donc un tout petit extrait du début de la scène 24, où Andrée Bernard décrit la situation aux comédiens :




vendredi 30 mars 2012

Cosette and others

Le vote des membres du bureau du Manteau d'Arlequin a confirmé le sondage réalisé ici sur le blog : c'est donc bien Cosette qui sera l'affiche des Misérables 62. Bravo à son créateur, Frédéric Mur, déjà auteur de l'affiche de Dracula, en 2010, et dont on pourra découvrir sur son blog quelques facettes de son travail dans le domaine des comics.
Voici une version retouchée (dans la typo) de Cosette :


Pour ceux que ça intéresse, quelques détails maintenant sur l'élaboration de l'affiche. Elle croise deux sources esthétiques, d'une part la célèbre gravure d' Emile-Antoine Bayard, représentant Cosette avec son immense balai (belle analyse de l’œuvre sur le site de L'Histoire par l'Image), d'autre part le style de l'artiste américain Roy Lichtenstein, avec ses trames empruntées au monde de la bande dessinée.



C'est en 1962 que Lichtenstein expose seul pour la première fois, à la galerie de Léo Castelli. Sa renommée est déjà telle que tous les tableaux sont achetés avant même l'inauguration.
Ce n'est pas le seul projet que Fred nous a présenté puisqu'il a réalisé cinq autres affiches également inspirées par le Pop Art, le Nouveau Réalisme avec Yves Klein, mais aussi le cinéma (Godard), et même Cloclo, qui faisait en 62 son apparition.
Vous pouvez retrouver ces autres projets, ainsi que tous les autres, dans cette galerie Vuvox.



Merci aussi à Djoni Matisse, mon ami, pour ses belles propositions, ainsi qu'à Emilie et Hervé, dont j'ai aimé aussi la richesse des idées.